Par métier
Créer une plateforme de mise en relation : services et cours
Profils, créneaux, demandes, devis : comment créer une plateforme de mise en relation entre clients et prestataires, des cours particuliers aux services.

Sommaire
Une plateforme de mise en relation vend du temps : celui d’une praticienne, d’un coach, d’un professeur, d’une consultante, d’une aide ménagère. Pour créer une plateforme de mise en relation qui tienne, deux décisions comptent plus que toutes les autres : choisir le bon parcours, puis empêcher que clients et prestataires ne partent traiter en direct après le premier rendez-vous. Ce guide les prend dans l’ordre, avec les règles propres aux cours et aux services à domicile, et six exemples générés par notre studio.
Mise en relation : quatre parcours possibles
Tous les services ne s’achètent pas de la même manière. Un soin se réserve, un mariage se chiffre, une mission se discute, un job s’obtient par candidature.
| Parcours | Le client… | Le prestataire… | Métiers types | Exemple de la galerie |
|---|---|---|---|---|
| Demande de créneau | choisit une prestation et une heure souhaitée | confirme ou propose une autre heure | soins, coaching, ménage, cours | Bien chez soi, Coach Book, Maison nette |
| Devis | décrit son projet : date, lieu, budget | répond par un devis chiffré | événements, conciergerie, travaux | Grand Soir, Clés d’or |
| Brief de mission | expose son besoin et sa durée | propose une approche et un tarif | conseil, freelances | Les Associés |
| Candidature | postule, CV joint | retient ou décline | petits boulots, stages | Job en poche |
La règle : prenez le parcours qui ressemble à ce que vos prestataires font déjà par téléphone ou par e-mail. Si une praticienne prend ses rendez-vous au créneau, ne lui imposez pas un devis ; si un traiteur chiffre chaque événement, n’affichez pas un prix fixe.
Au démarrage, une demande confirmée par le prestataire suffit : elle fonctionne pour les quatre parcours et vous apprend ce que les clients demandent vraiment. L’agenda en direct ou le devis accepté en ligne viennent quand le volume le justifie.
Des profils qui rassurent
Dans les services, la fiche est une personne. Un bon profil répond, avant tout échange, aux questions que le client n’ose pas poser :
- une photo nette et une présentation courte, à la première personne ;
- les prestations, chacune avec sa durée et son prix ;
- la zone d’intervention, ou « en ligne », ou « à mon cabinet » ;
- les disponibilités habituelles et le délai de réponse ;
- les diplômes et qualifications, quand le métier en exige ;
- les avis, datés.
Sur « Bien chez soi », des praticiens de soins et de bien-être à domicile à Lyon, le studio a généré des filtres qui disent ce qui compte pour ce public : le lieu de la séance (à domicile, en cabinet, en visio), le tarif horaire, « Facture pour la mutuelle », les chèques emploi service (CESU), « Praticien vérifié », et le moment (aujourd’hui, demain, ce week-end).
Ce qu’il faut vérifier, métier par métier
- Coachs et éducateurs sportifs. Seuls les titulaires d’un diplôme, d’un titre à finalité professionnelle ou d’un certificat de qualification peuvent, contre rémunération, « enseigner, animer ou encadrer une activité physique ou sportive » (code du sport, art. L. 212-1), et ils doivent déclarer leur activité à l’administration (art. L. 212-11). Demandez les deux justificatifs à l’inscription.
- Intervenants auprès d’enfants ou à domicile. Demandez le bulletin n° 3 du casier judiciaire : la personne l’obtient elle-même, gratuitement, le plus souvent en ligne (service-public.fr), et vous pouvez vérifier l’authenticité d’un bulletin sans condamnation.
- Consultants et freelances. Vérifiez le numéro SIRET. Pour tout contrat de 5 000 € HT ou plus, l’entreprise cliente doit obtenir l’attestation de vigilance de l’Urssaf, valable six mois (Service public Entreprendre) : proposer au consultant de la déposer sur son profil fait gagner du temps à tout le monde.
Un badge « vérifié » engage votre parole : ne l’affichez qu’après une vérification réelle, et dites sur une page d’aide ce qu’il recouvre.
Cours particuliers et services à domicile
Les cours particuliers ont leurs réflexes : la matière et le niveau en premier filtre, la séance d’essai, le forfait de plusieurs séances, et un acheteur (le parent) qui n’est pas l’élève. Les services à domicile, eux, vivent de la récurrence : le même jour, la même heure, la même personne.
Les deux partagent un argument de prix que le client comprend immédiatement. « Soutien scolaire ou cours à domicile », « entretien de la maison », « petits travaux de jardinage » et « travaux de petit bricolage » ouvrent droit à un crédit d’impôt de 50 % des dépenses, dans la limite d’un plafond annuel, quand le service est rendu par un salarié du particulier ou par un organisme déclaré (service-public.fr, crédit d’impôt pour l’emploi à domicile, vérifié le 15 avril 2026). La même fiche cite la « plateforme de mise en relation » parmi les intermédiaires possibles. Conséquence pratique : distinguez sur chaque profil les prestataires déclarés, qui ouvrent droit au crédit d’impôt, des autres, et faites-en un filtre.
Pour les soins, une précaution de conception : ne demandez pas d’informations médicales dans le formulaire de demande. Le motif de la séance suffit ; le reste se dit entre le patient et le praticien.
Le modèle économique et le contournement
Le contournement est le risque numéro un des services. Prenons une aide ménagère réservée deux heures par semaine à 25 € de l’heure : 50 € la séance, environ 200 € par mois. Avec une commission de 15 %, la prestataire cède 30 € par mois, 360 € par an, pour un client qu’elle connaît déjà. Au bout de trois semaines, tous deux ont compris l’intérêt de se passer de vous.
Trois réponses, souvent combinées :
- Changer ce que vous faites payer : une commission sur la première réservation seulement, un abonnement mensuel du prestataire, ou des frais de service côté client. Le choix se raisonne dans notre article sur le modèle économique.
- Rendre la plateforme plus utile que le téléphone : agenda, rappels, paiement en ligne, facture automatique, avis qui restent au profil, remplacement si la prestataire est malade. C’est la thèse de Sharetribe dans son guide sur les fuites de paiement hors plateforme, mis à jour le 3 mars 2026 : outiller les prestataires, rassurer les clients, retirer les frictions.
- Protéger sans verrouiller : masquer les coordonnées avant la première réservation limite les fuites, mais n’empêche rien ensuite. Seule la valeur rendue retient.
Côté paiement, Stripe prélève 1,5 % + 0,25 € par paiement avec une carte européenne standard (grille de Stripe, relevée le 27 septembre 2026), soit 1 € sur une séance de 50 €.
Le statut des prestataires et DAC7
Vos prestataires sont en général des indépendants : ils fixent leurs prix, leurs horaires, leurs conditions. Gardez ce partage. Le code du travail prévoit que, lorsque la plateforme « détermine les caractéristiques de la prestation de service fournie ou du bien vendu et fixe son prix, elle a, à l’égard des travailleurs concernés, une responsabilité sociale » (articles L. 7342-1 et suivants), qui comprend notamment la prise en charge, dans des limites fixées par décret, de leur assurance contre les accidents du travail. Si votre modèle consiste à fixer vous-même le prix et les conditions, faites-le valider par un avocat avant d’ouvrir.
Côté fiscal, DAC7 vise les « services personnels » : un travail à l’heure ou à la tâche, exécuté par des personnes physiques, fourni à la demande d’un client, en ligne ou sur place, « après avoir été facilité par l’intermédiaire d’une plateforme » (BOFiP, BOI-INT-AEA-30, § 20). La seule dispense par seuil, moins de trente opérations pour 2 000 € au plus, ne concerne que les ventes de biens (§ 360) : une professeure qui donne trois cours par votre intermédiaire est déclarée. L’opérateur déclare avant le 31 janvier et informe chaque prestataire. Le reste du cadre légal est dans les obligations légales d’une marketplace.
Six exemples de la galerie
Six marketplaces de services générées par notre studio, chacune à partir d’une phrase. Ce sont des démonstrations, pas des sites de clients :
- Savoir-Faire : « Des cours en ligne donnés par des artisans et des passionnés ». Style éditorial ; des sessions et des inscriptions.
- Bien chez soi : « Des praticiens de soins et de bien-être à domicile, à Lyon ». Style chaleureux ; des créneaux et des profils vérifiés.
- Coach Book : « Des coachs sportifs à domicile, ambiance nocturne ». Style nocturne ; un parcours de réservation, comme pour les soins.
- Maison nette : « Des aides ménagères et des services à la maison, réservables à l’heure ». Style éditorial ; la récurrence au premier plan.
- Les Associés : « Des consultants indépendants pour les petites entreprises ». Style éditorial ; des briefs de mission plutôt que des créneaux.
- Job en poche : « Des petits boulots pour étudiants, près du campus ». Style utilitaire ; des candidatures.
Même moteur, quatre parcours différents : c’est le métier qui décide. Tous se visitent dans la galerie d’exemples.
Budget et lancement
| Étape | Offre Marketplace Factory, HT | Ce que vous avez |
|---|---|---|
| Essayer | Studio, 0 € | six propositions complètes, retouches, aperçu privé |
| Ouvrir et encaisser | Lancement, 79 € par mois plus 2 % des ventes payées en ligne | site en ligne sur nom.marketplacefactory.app, le parcours réel de votre métier (créneaux, devis ou candidatures), paiement en ligne sur votre compte Stripe avec votre commission, messagerie, avis, modération, alertes, statistiques |
| Devenir une marque | Pro, 199 € par mois plus 1,5 % | tout le Lancement, plus jusqu’à trois noms de domaine, vos e-mails envoyés depuis votre domaine, les connecteurs, plusieurs administrateurs |
Notre part ne porte que sur ce que les clients paient en ligne : sur une séance de 50 €, 1 € au Lancement, 0,75 € au Pro ; rien sur les demandes ni sur ce qui se règle hors ligne. En tout, hors taxes et hors frais Stripe, le Lancement revient à 179 € par mois pour 5 000 € de ventes en ligne et à 479 € pour 20 000 € ; à 50 000 €, le Pro coûte 949 €, moins que le Lancement (1 079 €). Pendant la bêta, les paiements restent en mode test et rien n’est facturé. Les offres sont détaillées sur la page des tarifs.
Le lancement, lui, ne coûte presque rien en logiciel et beaucoup en présence. Un métier, une ville ou un quartier, quinze prestataires recrutés un par un, et les premières demandes apportées par vous-même : la méthode est dans trouver les premiers vendeurs de sa marketplace, et la vue d’ensemble dans notre guide pour créer sa marketplace.
Questions fréquentes
Commission ou abonnement pour une plateforme de prestataires ?
La commission convient aux prestations ponctuelles, comme un devis d’événement ou une première séance. Quand le même client revoit le même prestataire chaque semaine, elle pousse les deux à traiter en direct : un abonnement du prestataire, ou une commission limitée à la première réservation, résiste mieux. Beaucoup de plateformes combinent les deux, puis ajustent après trois mois de données.
Comment vérifier les prestataires d’une plateforme de mise en relation ?
Vérifiez ce que le métier exige : un diplôme et une déclaration d’activité pour un coach sportif rémunéré, un numéro SIRET pour un indépendant, un bulletin n° 3 du casier judiciaire pour intervenir auprès d’enfants ou à domicile. Ce bulletin est gratuit et son authenticité se contrôle en ligne. N’affichez un badge « vérifié » qu’après une vérification réelle.
Peut-on réserver des créneaux en ligne dès le lancement ?
On peut commencer plus simplement : le client choisit une prestation et un créneau souhaité, le prestataire confirme ou propose une autre heure. Cette demande confirmée suffit pour les premiers mois et mesure la demande réelle. L’agenda en direct, avec disponibilités et paiement, vient ensuite ; chez Marketplace Factory, il est compris dès l’offre Lancement.
Les revenus des prestataires sont-ils déclarés au fisc ?
Oui, quand votre plateforme facilite la prestation. DAC7 vise les services personnels, c’est-à-dire le travail à l’heure ou à la tâche fourni par des personnes physiques à la demande d’un client. Aucun seuil ne s’applique aux services : l’opérateur déclare les revenus de chaque prestataire avant le 31 janvier et lui en remet le détail.
Sources11
Les pages citées dans l’article, relevées à la date indiquée dans le texte.
- bofip.impots.gouv.fr/bofip/13742-PGP.html/identifiant=BOI-INT-AEA-30-20231213
- bofip.impots.gouv.fr/bofip/13765-PGP.html/identifiant=BOI-INT-AEA-30-40-20231213
- legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037388193
- legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006547577
- legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000033013020
- service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1420
- service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R51921
- service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F12
- entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F31422
- sharetribe.com/academy/how-to-discourage-people-from-going-around-your-payment-system
- stripe.com/fr/pricing
Ces articles sont écrits par l’équipe Marketplace Factory, qui fabrique le studio et les marketplaces qu’il génère. Comment nous écrivons


