Croissance
Trouver les premiers vendeurs de sa marketplace
Aucun acheteur sans vendeurs, aucun vendeur sans acheteurs : les méthodes concrètes pour trouver les premiers vendeurs de votre marketplace et la lancer.

Sommaire
Trouver des vendeurs pour sa marketplace est le premier vrai travail du fondateur, bien avant la technique. Les acheteurs ne viennent pas sur un site vide, et les vendeurs ne s’inscrivent pas sur un site sans acheteurs : c’est le problème de l’œuf et de la poule. Il se résout rarement par la publicité, presque toujours par du travail fait à la main, sur un terrain étroit. Voici les méthodes qui marchent, celles qu’il faut éviter, les chiffres à suivre et un plan sur quatre-vingt-dix jours.
Pourquoi commencer par les vendeurs
Le glossaire de Sharetribe consacré au problème de l’œuf et de la poule, mis à jour en avril 2026, résume la réponse courte : amorcer la marketplace en faisant venir un côté d’abord, celui qui a le plus intérêt à rejoindre, et c’est en général l’offre. Le vendeur a une raison financière de s’inscrire : il espère des clients. L’acheteur, lui, cherche un choix ; s’il n’en trouve pas, il repart et ne revient pas.
L’ordre devient donc : recruter l’offre, la rendre présentable, puis ouvrir aux acheteurs quand ils trouveront de quoi choisir.
Il y a des exceptions. Quand la demande est rare et concentrée, quelques entreprises qui publient des missions par exemple, on commence par elle. Le même glossaire cite Florence, place de marché de remplacements dans le soin, qui fut d’abord un simple tableur partagé où des maisons de retraite ajoutaient leurs créneaux à pourvoir.
Réduire le terrain
La plus grande erreur est d’ouvrir « partout, pour tout le monde ». Avec cinquante vendeurs répartis sur la France, chaque visiteur trouve deux offres près de chez lui. Avec cinquante vendeurs dans une ville, il en trouve cinquante.
Les exemples sont nombreux dans le glossaire de Sharetribe : GrubHub a commencé par un seul quartier de Chicago, Kickstarter par la seule communauté artistique, Curtsy, location de robes, par une seule association étudiante. Paul Graham raconte dans son essai « Do Things that Don’t Scale » (juillet 2013) que les fondateurs d’Airbnb ont fait du porte-à-porte à New York pour recruter des hôtes et les aider à améliorer leurs annonces, et qu’une trentaine de jours de ce travail a fait la différence entre l’échec et le succès.
Choisissez donc un métier, une ville, un public. Vous élargirez quand ce premier terrain fonctionnera sans vous.
Dix méthodes qui marchent
- La liste des cinquante noms. Avant toute chose, écrivez cinquante vendeurs possibles sur votre terrain, avec un moyen de les joindre. Annuaires professionnels, réseaux sociaux, bouche-à-oreille, concurrents qui les listent déjà : cinquante noms, c’est une semaine de travail.
- Les appels, puis les rencontres. Appelez, proposez un café, montrez à quoi ressemblera leur page. Paul Graham décrit l’« installation Collison » des fondateurs de Stripe : plutôt que d’envoyer un lien, ils installaient le produit sur place, sur l’ordinateur de la personne. Faites de même.
- Créer l’annonce avec eux. Asseyez-vous à côté du vendeur et remplissez sa première annonce ensemble : photos, prix, disponibilités. Une annonce complète vend ; une annonce vide fait fuir.
- Le statut de membre fondateur. Les dix ou vingt premiers reçoivent un avantage écrit : mise en avant, badge, tarif garanti. Ils prennent un risque, reconnaissez-le.
- La commission offerte le temps de la preuve. Trois ou six mois sans frais pour le vendeur, avec la date de fin et le tarif suivant écrits dès le départ. Les frais de paiement, et la part de votre logiciel s’il en prend une, restent à votre charge : chiffrez ce cadeau avant de l’offrir.
- Apporter la première demande soi-même. Un vendeur qui reçoit un client dans la première semaine devient votre meilleur ambassadeur. Allez chercher ces premiers clients vous-même, dans votre réseau, auprès des associations, des entreprises voisines.
- Être soi-même le premier vendeur. Le fondateur de PaulCamper, place de marché de location de camping-cars, a commencé en louant le sien, raconte Sharetribe. Si vous avez une offre réelle, publiez-la sous votre nom.
- Les réseaux existants. Fédérations professionnelles, chambres de métiers, associations, écoles : un seul partenariat peut apporter vingt vendeurs d’un coup.
- Le terrain physique. Salons, marchés, vitrines. Selon Sharetribe, les fondateurs de Drive Lah, location de voitures entre particuliers, ont trouvé leurs premiers utilisateurs en posant des tracts sur les pare-brise ; ceux de Greenpal, entretien de jardins, en accrochant des affichettes aux portes.
- Des pages locales et des preuves. Une page par ville et par métier aide les vendeurs comme les clients à vous trouver. Publiez les premiers résultats : une réservation, un avis, un vendeur qui témoigne.
Ce que vous dites au premier appel
Un appel de recrutement tient en cinq points. Préparez-les, et gardez le même discours pour tous.
- Qui vous êtes, et pourquoi ce métier dans cette ville : une raison vraie vaut mieux qu’un discours de start-up.
- Ce que le vendeur y gagne : des clients qu’il n’aurait pas eus, une page à son nom, et, si vous prenez une commission, aucun coût tant qu’il ne vend pas.
- Ce que vous lui demandez : vingt minutes pour créer son annonce avec vous, et une réponse rapide aux demandes.
- Ce que vous ne promettez pas : un nombre de clients. Promettez plutôt ce que vous ferez pour les trouver.
- La suite : un rendez-vous fixé, pas un « je vous envoie un lien ».
Trois objections reviennent. « Je suis déjà sur une grande plateforme » : rien n’empêche d’être sur les deux, et la vôtre est locale. « Je n’ai pas le temps » : vous créez l’annonce ensemble, maintenant. « Combien ça coûte ? » : répondez par un prix et une date, jamais par « on verra ».
Donner une raison de rester avant les acheteurs
Un vendeur inscrit sur une plateforme sans clients finit par l’oublier. Le glossaire de Sharetribe décrit une parade : offrir aux vendeurs un outil utile même sans acheteurs, ce qu’on appelle parfois le « mode solo ». Freightos s’est d’abord présenté aux transitaires comme un outil pour automatiser leurs devis ; Encore, place de marché de musiciens, comme un réseau professionnel. Sur votre marketplace, la page publique du vendeur, son agenda ou la gestion de ses demandes peuvent jouer ce rôle : il y renvoie ses propres clients, qui découvrent au passage les autres vendeurs.
Ce qu’il ne faut pas faire
Publier de fausses annonces ou de faux avis. La tentation est forte de remplir le site d’offres inventées pour faire croire à une activité. C’est interdit : selon la fiche de la DGCCRF sur les pratiques commerciales trompeuses, une pratique est trompeuse lorsqu’elle contient des éléments faux ou présentés de manière à induire le consommateur en erreur, et elle peut entraîner des sanctions pénales. Le premier acheteur qui demande une offre fictive ne reviendra jamais.
Cacher qui vend. L’article L. 111-7 du code de la consommation impose d’indiquer la qualité de l’annonceur, professionnel ou particulier. Vos propres offres doivent porter votre nom.
Ouvrir partout d’un coup, dépenser en publicité avant d’avoir une offre, promettre des volumes de clients que vous ne pouvez pas garantir, ou inscrire des vendeurs sans les accompagner : une annonce sans photo et un vendeur qui ne répond pas nuisent plus qu’une page vide.
Les chiffres à suivre
Pas besoin d’un tableau de bord complexe. Chaque semaine, suivez :
| Indicateur | Ce qu’il dit |
|---|---|
| Vendeurs actifs | combien ont au moins une annonce publiée et complète |
| Annonces complètes | photos, prix, disponibilités : la qualité de l’offre |
| Délai de première réponse | le temps qu’un vendeur met à répondre à une demande |
| Demandes par annonce | si l’offre trouve preneur |
| Taux de confirmation | la part des demandes que le vendeur accepte |
| Vendeurs avec au moins une demande dans le mois | ceux qui ont une raison de rester |
| Vendeurs revenus le mois suivant | la fidélité de l’offre |
Le signal qui compte le plus au début est simple : les vendeurs reçoivent-ils des demandes, et y répondent-ils vite ? Si oui, ouvrez plus grand. Si non, ne recrutez pas plus de vendeurs, allez chercher plus d’acheteurs.
Un plan sur 90 jours
| Semaines | Objectif | Actions |
|---|---|---|
| 1 et 2 | Choisir le terrain | un métier, une ville ; la liste des 50 noms ; votre marketplace générée pour la montrer |
| 3 et 4 | Les 10 premiers vendeurs | appels, rencontres, annonces créées ensemble, statut de fondateur |
| 5 et 6 | La première demande | vos réseaux, associations, entreprises voisines ; chaque vendeur reçoit au moins un contact |
| 7 et 8 | 25 vendeurs actifs | recommandations des premiers, un partenariat avec un réseau local |
| 9 et 10 | Ouvrir aux acheteurs | pages locales, premiers avis publiés, communication de quartier |
| 11 et 12 | Mesurer et décider | indicateurs du tableau ; élargir le terrain ou corriger l’offre |
Ce calendrier suppose que vous y consacrez une grande partie de votre temps. Les étapes comptent plus que les dates : ne passez pas à l’étape suivante tant que la précédente n’est pas atteinte.
Ce que Marketplace Factory permet pour démarrer
- Montrer avant de recruter. Décrivez votre marketplace en une phrase dans le studio : six propositions complètes arrivent en quelques minutes, sans une ligne de code. La première idée se génère sans compte ; pour continuer, un compte gratuit suffit, sans carte bancaire. Vous arrivez au premier rendez-vous avec une marketplace à votre nom à montrer, pas une idée.
- Ouvrir tout de suite, paiement compris. Au Lancement, à 79 € HT par mois plus 2 % des ventes payées en ligne, votre marketplace est en ligne à l’adresse votre-nom.marketplacefactory.app, avec le paiement en ligne sur votre compte Stripe. Vous pouvez aussi démarrer en mode demande, sans Stripe : les clients envoient des demandes que le vendeur confirme, et vos premiers vendeurs n’ont pas de compte de paiement à ouvrir, ce qui lève un frein à l’inscription.
- Récompenser les fondateurs. Le back-office permet de mettre une annonce à la une pendant trente jours.
- Devenir une marque. Au Pro, à 199 € HT par mois plus 1,5 % des ventes en ligne, vous passez à votre nom de domaine (jusqu’à trois), à des e-mails envoyés depuis ce domaine, aux connecteurs et à plusieurs administrateurs.
Les prix et le détail sont sur la page des tarifs. Pour la suite : le choix entre commission et abonnement une fois vos premiers vendeurs installés, notre guide créer sa marketplace, étape par étape, et le cas des plateformes de mise en relation de services et de cours, où le recrutement des prestataires décide de tout.
Questions fréquentes
Faut-il commencer par les vendeurs ou par les acheteurs ?
Le plus souvent par les vendeurs : ils ont un intérêt financier à rejoindre la plateforme, et un acheteur qui arrive sur un site vide ne revient pas. L’exception, c’est quand la demande est rare et concentrée, par exemple quelques entreprises qui publient des missions : on commence alors par elles, puis on va chercher les prestataires pour y répondre.
Combien de vendeurs faut-il pour ouvrir sa marketplace ?
Il n’existe pas de chiffre universel. Notre règle de travail : sur le terrain choisi, une ville et un métier, un visiteur doit trouver plusieurs offres crédibles pour la plupart des recherches qu’il fera. Mieux vaut vingt vendeurs actifs dans un quartier que deux cents dispersés dans tout le pays : resserrez le terrain plutôt que d’attendre d’avoir beaucoup de monde.
Faut-il offrir la commission aux premiers vendeurs ?
C’est souvent une bonne idée, à condition de l’écrire : durée, date de fin, prix qui suivra. Les premiers vendeurs prennent un risque en rejoignant une plateforme vide ; leur offrir votre commission pendant quelques mois, ou un statut de membre fondateur, le reconnaît. Une gratuité sans date devient un droit acquis difficile à retirer.
Peut-on publier des annonces soi-même au début ?
Oui, si elles correspondent à de vraies offres : les vôtres, sous votre nom, ou celles d’un vendeur qui vous a donné son accord et qui honorera la demande. Inventer des annonces ou des avis pour faire croire à une activité est une pratique commerciale trompeuse, sanctionnée pénalement, et détruit la confiance des premiers acheteurs.
Sources4
Les pages citées dans l’article, relevées à la date indiquée dans le texte.
Ces articles sont écrits par l’équipe Marketplace Factory, qui fabrique le studio et les marketplaces qu’il génère. Comment nous écrivons


